Patrimoine et Bâtiments

Patrimoine architectural d’Echilleuses

A la demande du PLUI (Plan Local d’Urbanisme Intercommunal) nous avons sélectionnés les éléments du patrimoine architectural de la commune suivants:

 

Echilleuses village rural dédié depuis la nuit des temps à l’agriculture, a fortement adapté son architecture à ses besoins propres.

 

Nous retrouvons encore aujourd’hui de très nombreuses entrées de propriétés avec de très hauts porches munis à leurs bases de chasses roues, qui étaient destinés à laisser passer les carrioles chargées de paille ou de foin et à écarter les roues des murs. Nous avons encore quelques chasses roues sur la commune à l’angle de certains murs.

 

 

 

 

 

 

 

 

En bâtiments, nous avons sélectionnés l’église bien sûr, le lavoir et la ferme fortifiée de La Roulette, face à la plaine rejoignant Grangermont.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le dernier mur avec meurtrières et la dernière portion de douve qui entouraient jadis la commune, se trouvent chez un particulier dans la Cour du Château.

 

 

 

 

 

 

L’entrée du cimetière est encadrée par deux piliers, sur lesquels se trouve une inscription en latin « HODIE MIHI – GRAS TIBI » en français « aujourd’hui vous avez gras »

Pour terminer, les témoins altimétrique de la mairie et du château d’eau, et les plaques d’orientation routière du début du XXème siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’église d’Echilleuses

L’association CSP (Connaissance et Sauvegarde du Patrimoine) a éditée en 1990 un petit fascicule sur Echilleuses où l’histoire de l’église est prépondérante.

Texte intégral:

Du diocèse de Sens, doyenné du Gâtinais, l’église d’Echilleuses, dédiée à St Médard et St Christophe, est un rectangle de 26m sur 13m, composé de 3 nefs, divisées en 5 travées.Chevet plat, clocher sur la deuxième travée du bas-côté sud (12), comme on l’a beaucoup pratiqué dans la région au XIIIème siècle: un monument ample et qui parait tout simple.

L’extérieur

révèle peu de choses, sinon que le clocher par ses proportions, est du XIIIème, mais que la tour a été visiblement refaite au XVIIème.

La façade ouest présente un beau portail roman orné de 4 chapiteaux à figures: 2 acrobates à gauche, une méduse (?) et 2 personnages qui se tiennent par la main à droite. Le chapiteau à la méduse, qui n’est pas sans rappeler certains chapiteau de Vézelay. Ils donnent l’impression de se livrer une partie de bras de fer. Ils semblent dater de la première moitié du XIIème, voire légèrement plus tard. Les 2 colonnes ont un profil inattendu: il suit l’angle dans lequel elles sont logées. Cette facture n’a pu que compliquer la tâche des tailleurs de pierre. c’est donc un effort volontaire, peut-être pour éviter de créer un vide trop grand ?

L’ensemble a conservé quelques traces de peinture rouge. La façade a été visiblement reprise, car l’appareil n’est pas homogène. On voit la trace d’un auvent. une baie du mème type que le portail le surmonte, comme il est d’usage à l’époque romane. On peut donc penser que le centre de la façade, remonte au début du XIIème. Peut-être a-t-il appartenu à une première église, reconstruite au XIIIème pour l’agrandir ? Sinon il faut admettre que cet ensemble portail et fenêtre aurait été fait au XIIIème, ce qui n’est guère vraisemblable. Reste la possibilité d’un portail provenant d’ailleurs – mais d’ou ?

 

 

L’intérieur

chapiteau XIIIème siècle

chapiteau XVIème siècle

au premier coup d’oeil, paraît homogène et aussi simple que l’extérieur. Les baies sont simple, XIIIème, mais un examen plus minutieux des voûtes, nous compliquera les choses: les 2 piliers 55 et 56 au fond de la nef, sont couronnées de beaux chapiteaux XIIIème, ainsi que le pilier 62, derrière nous. Tous les autres, qu’ils soient à facettes ou à bague, sont du début XVIème.

La même différence se trouve avec les voûtes: Les nervures des travées 6 et 11 dans le coeur, ont le profil en boudin à gorge profonde du XIIIème. Dans la travée 7, les choses sont plus complexes: à l’Est les arcs sont comme en 6, à l’Ouest comme dans tout le reste de l’église, ils sont en V, donc XV – XVIème. Il est très visible qu’il y a eu reprise en sous-oeuvre.

Les choses sont donc claires, puisqu’il y a des éléments XIIIème aux 2 extrémités de l’église, c’est que comme son plan le suggère, elle est entièrement du XIIIème et a été voûtée à l’origine, au moins au niveau des 2 premières travées Est. Mais une restauration des voûtes et même des piliers a été nécessaire presque partout au début du XVIème. Il est vraisemblable que l’église n’a pas été entretenue, voire a été endommagée au cours de la guerre de cent ans.

Quant à la base du clocher (12), massive, solide, elle appartient bien au XIIIème mais sa voûte a été reprise au XVIème et présente de fort jolis culs-de-lampe (29-40). L’escalier du clocher (17) est un ajout, ce qui confirme que la base est antérieur; si le clocher avait été entièrement édifié après le XVème, l’escalier aurait été incorporé dans le plan initial.

Reste une modification du XVIème qui risque d’échapper: on trouve dans la nef des fenêtres XIIIème comblées, au dessus des arches de communication avec les bas-côtés. D’autres sont également visibles dans les combles. Il faut en déduire que les bas-côtés étaient moins élevés que la nef et que celle-ci était directement éclairée, comme c’est le cas dans les grandes églises gothiques (entre autres).

Enfin, la sacristie est un ajout, et sa porte datée 1683, est un bel exemple du style du début du XVIIème, qui a perduré dans nos campagne jusqu’en plein règne de Louis XIV.

Le mobilier

Il est de deux ordres:

1/ Le bénitier et les pierres tombales.

Le bénitier (58) est un beau chapiteau à la limite du roman et du gothique. 4 larges feuilles s’enroulent en spirales aux angles. l’ensemble est aussi sobre qu’élégant.

Les pierres tombales sont nombreuses. Les grandes dalles de l’allée centrale en sont certainement. Plusieurs ont conservé des inscriptions.

  • Une tombe familiale du XVIIème ou XVIIIème, au milieu de la nef: la formule est au pluriel – requiescant – (qu’ils reposent en paix)
  • (31) une dalle sciée dont un fragment est devant la sacristie (26). Le décor évoque les années 1360-1370. On devine un personnage. Ses armoiries restent lisibles, à l’exception du franc-quartier dextre. Le nom a été soigneusement et proprement éliminé de deux traits de scie. Des fleurs de lis de style XVIIème ont été rajoutées, témoins d’un réemploi à cette époque. La dalle était encore entière alors puisqu’on les retrouve sur l’autre fragment. Le découpage doit donc dater de la révolution. (pierre tombale de Guillaume d’Eschilleuses mort en 1313/1323 – note de la rédaction)
  • (41) datée d’aout 1782, la dalle de messire de Longpont, Boësse et Eschilleuses.
  • sans inscription, signalons également une dalle marquée d’une croix, entre les piliers 46 et 47.

 

2/ Les boiseries et les statues.

  • Tout le mur Est a été habillé d’un retable du XVIIème, ample et digne. Parfaitement homogène, c’est un bel exemple des aménagement du temps, qui a bénéficié de toute la largeur des trois travées pour développer ses fastes, ce qui est exceptionnel. Tous les détails sont intéressants. Le médaillon central (photo ci-contre) représente Dieu le Père, la main gauche sur un globe, émergeant d’un nuage parsemé d’angelots. Ce n’est pas un sujet très souvent abordé en dehors des XVème et XVIIème siècles. Ce retable mérita donc un double examen. a/ Un regard d’ensemble pour en apprécier la structure et les équilibres subtils entre le maitre-autel surmonté d’un fronton plus élevé et plus orné, et les autels latéraux. b/ L’observation minutieuse des détails finement ouvragés.
  • Cette église possédait également une poutre de gloire (poutre placé en travers de la nef à l’entrée du choeur et sur laquelle on voyait un crucifix entre Marie et Jean) Des encoches dans les piliers (37) et (49) marquent son emplacement. Il est manifeste que le crucifix conservé au fond à droite en entrant (64) en provient. Le tenon par lequel il était fiché dans la poutre est toujours en place. Les deux statues qui l’entourent pourraient bien avoir la même origine. Ce sont des oeuvres paisibles, d’une grande dignité, bien caractéristiques de la piété du Grand Siècle. A coté, un St Christophe, probablement contemporain, d’une belle monumentalité.
  • Signalons aussi un tableau – un évêque et un diacre martyr (61), un vitrail du début du siècle (XXème) au dessus de la porte (63), celle-ci a l’intérêt d’être datée – 1779, ainsi que le tambour – 1870, et de nous livrer quelques noms.

 

SYNTHÈSE

Nous avons donc un monument du XIIIème, particulièrement ample, précédé d’un portail XIIème. Presque toutes les voûtes et le clocher ont été refaits au XVIème et les baies du chevet ont été condamnées au XVIIème pour ménager un retable. La poutre de gloire était contemporaine. Chaque époque nous a légué de beaux éléments sculptés: chapiteaux XIIème, bénitier, chapiteaux XIIIème, culs-de-lampe XVIème, statues XVIIème.

Beaucoup de paroisses seraient heureuses de posséder un tel édifice.

R.Godin P.Ortéga J.Raunet J.B.Virlet – Pithiviers 1990

Photos Patrick Legros sauf carte postale

 

Pour faire suite à ces informations, quelques remarques de Pierre Claude Chevillard, curé d’Echilleuses de 1725 à 1757

 

L’abbé Chevillard dans ses remarques annuelles, relate un incendie survenu le 11 novembre 1731 à Eschilleuses, allumé par Jeanne Thiercelin, veuve Toutain, qui cuisait pour les paroissiens. Les cendres chaudes de son four avaient mis le feu à la couverture de chaume, et comme le vent était fort grand, l’ayant porté dans la maison des Bizet, le feu se répandit sur toute la rue et Estienne Médard, Pierre Laroche, Jules Grégoire, Charles Pillu, la veuve Marjollet et Antoine Camus eurent leurs maisons incendiées. Le curé qui par parenthèse, ne manquait pas de linge, avait mis dans un puits, au commencement de l’incendie, 48 draps, 10 douzaines de serviettes, 3 douzaines de nappes et des ustensiles de vaisselle en étain ; il ne les retira point sans dommage, car le feu prit dans le puits. La vaisselle fondit en partie et il y eut 3 douzaines de serviettes, quelques nappes et 5 draps de brûlés. La servante du curé subit une perte d’environ 100 francs.

 

Un second incendie encore plus terrible que le premier, survint le 12 aout 1738. Il n’avait pas plu depuis le 4 juillet et les toitures en chaume offraient un aliment facile au fléau, qui atteignit 42 ménages ; 5 personnes furent brulées ou étouffées. Le feu avait été mis involontairement par des cendres chaudes, comme la première fois, par la femme de Charles Branché, qui cuisait pour le public. 3000 nombres de blé (un nombre comprend 12 gerbes) 1200 nombres de sainfoin, beaucoup d’herbe de safran et d’autres fourrages, 6 vaches, quelques veaux et des porcs, furent la proie des flammes.

 

 

 

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